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LINLIN
DISCO INFERNO, l’électro sous toutes ses formes
Une artiste qui voit les choses en grand. Avec Disco Inferno, LinLin met un grand coup de pied dans la fourmilière, signant un disque unique, à la fois travaillé et riche. Sorti en mai 2026, retour sur un projet qui mérite d’être écouté par tous.
Tellement d’univers, d’inspirations et d’ambiances en 12 titres. Une surprise à la découverte de chaque morceau. Mais qu’est-ce que LinLin a vraiment voulu transmettre avec cet album ? La liberté. Toucher et mélanger autant de genres, c’est une pratique que peu d’artistes peuvent se permettre. D’une part, car cela demande un attrait et une connaissance de différents styles. De l’autre, car c’est un exercice extrêmement dur à réaliser, le risque est gros : ne pas suivre de direction claire, ou bien perdre l’auditeur, qu’il ne comprenne pas l’univers de l’artiste. LinLin n’a pas tremblé et assume jusqu’au bout sa proposition.
L’album est très bien construit. L’introduction nous livre un message plus qu’explicite avec une phrase « Time for Music » répétée pendant 1:09, sur un pad accompagné d’un saxophone tout droit sorti de Blade Runner (1982). La musique démarre avec un côté bien plus rap sur les premiers morceaux du projet avec BLACC* et l’admirable BLACC*PT2, embrassant les synthés électro des années 1980 avec des titres comme Al-Naafyish (The Soul) ou même Sweet Dreams de Eurythmics. Des sonorités quasiment inexistantes dans le paysage rap actuel. La transition d’un style à l’autre ne se fait pas attendre : on met de côté le rap pour passer à un morceau 100 % électro, montrant la totalité de ses capacités sur DON’T STOP. Le défi pour LinLin : conserver ces inspirations des années 80 pour en faire quelque chose d’unique et de résolument français. Pari réussi. MML et MAMAN M’A DIT NON, 5e et 6e titres, se veulent bien plus calmes, d’apparence, puisqu’on se fait à nouveau surprendre par tous ces synthés venant nous bercer, nous prendre aux tripes sur la seconde moitié du morceau.
Puis, sur les 4 derniers sons, LinLin nous montre un outil dont elle ne s’était pas encore servie : ses talents de chanteuse. Avec une facette tantôt pop comme sur COEUR DE PIRATE, tantôt club sur CRUSH, ou même house avec PETIT CHÉRI (morceau peut-être en dessous des autres), LinLin nous oblige à admettre qu’elle sait tout faire. Des toplines totalement réussies, des refrains entêtants, sans oublier une musique d’exception, d’une impressionnante qualité, avec un mix parfait. S’ajoute l’impression que l’électronique a évolué, passant des années 1980 aux années 2010 avec ce sample sur CRUSH, rappelant Yeezus de Kanye West. Coup de cœur pour ALIVE, la lead en arrière-plan est divine.
La réussite de cet album passe aussi par Mobb, producteur exécutif. La différence est claire quand la production est coordonnée et réalisée par une seule et même personne.
Cette liberté n’est pas uniquement reflétée par la multiplication de genres. Les paroles nous la transmettent tout autant, et ce dès les premières phrases du projet :
« On écoute personne, on fait comme Mylène » (BLACC*)
Mais aussi beaucoup d’égotrip, et de l’amour. Parce qu’avant tout, Disco Inferno est un disque d’amour. LinLin nous parle de ses conquêtes, de ses relations, mais ce qui en ressort surtout, c’est l’imagerie des paroles. À l’écoute de Disco Inferno, la musique nous porte, et notre imaginaire avec.
C’est le deuxième projet de LinLin. Le premier n’était composé que de 6 titres. Le passage à douze morceaux est totalement réussi, promettant un avenir radieux.
- lucasbnnt
- cover : @tomkleinberg